Oualou

5 Mars 2010

Je l’appelais Oualou. Il était vieux et son nom indiquait de suite l’état de sa vie. Rien. Oualou m’aborda sur le quai d’un RER. Me demandant une pièce je lui expliquait que je n’avais rien. Comme un écho il résonna « oualou ». Son sourire appela le mien et je répétais « oui oualou ». Il me demanda mes origines. Ne parlant que très peu arabe, je lui répondis « pas d’origine. Je comprend un peu c’est tout. » Ses yeux brillaient de plaisir. Quelqu’un parlait sa langue et partageai sa détresse. Il me pris dans ses bras et me fit une nuée de bisous sur la joue. Ce genre de bisous enfantin qui ne se refuse ni ne se fourvoie en acte pervers. Un acte pur au milieu de ce carrefour d’hypocrisie qu’est châtelet aux heures déchues. Nous restâmes de longues secondes à nous regarder. Nos sourires humanistes a l’unisson. Notre amour de l’être et de la vie au bord des yeux. Dans son regard se lisait la joie de cette embrassade. Il s’y perdu et voulu m’embrasser à nouveau. Je refusais. Mon esprit soumis a l’éducation et à la méfiance de l’autre avait repris le dessus. Avait il une maladie ? N’étais t’il pas fou ? Je m’assis dans le RER et me sentis bête. Fini la spontanéité. Instant devenu souvenir en une fraction de temps déshumanisé. Je me tranquillisait en me rappelant la réaction de l’homme lors de mon refus : il avait compris la raison de ma distance et nous nous étions séparés en nous souhaitant bonne journée… Et beaucoup plus. Il avait compris. Et cela prouvait la Beauté de ce moment vécu ensemble. Inconnus mais humains. Perdus mais unis. L’universel sur les lèvres. La peau douce de l’humanité exprimée.

« A la tombée de la lune...
Un retour en avant et vers l’infini »