Rappelles toi…

26 Avril 2012

Crachin poétique sur un air de banc public
Crachin Crachat Cahin Caha
à Mireille Minette

Enfant dégueulasse né d’un pays d’oubliés d’où l’avant garde s’est faite dégager.
N’entends tu pas tambouriner les artistes malmenés ?
N’entends tu pas, du haut de ton clocher, comme la locomotive démotivée vient à se désosser ?

Sur l’autel, tu as volé le missel et jeté les fidèles dans les wagons du désespoir.
Emissaire d’un monde sans prière, tu maternes du verre pour mieux nous aveugler.
Nos corps matés ne sentent plus rien.
Nos esprits emmurés matent les horreurs d’une humanité consumée.

Qui peut encore embrasser les nuages ?
Qui peut encore sonner le tocsin et naviguer vers un nouveau rivage ?
Architecture des mirages, qui peut encore prêcher pour un ultime virage ?

Tout ce train train, je n’en peux plus
Marre d’entendre la mer frapper les plaintes de mon cerveau comme la vague fracasse les falaises amarrées.
Le littoral de mes pensées est fatigué de trop aimer.

Enfant dégueulasse, t’es même pas chiche d’offrir à l’univers des rêves pour nourrir demain.
Ton esprit pois chiche vit des peurs et des vices.
Ton avenir dévoué à l’or n’apporte aucune valeur.
Tu es dur et fragile comme un verre métalique… Ironique…

Mais rappelles toi que sous le bois mécanique existe encore les racines d’un tissu social artistique.
Rappelles toi que dans nos coeurs devenus bois réside toujours la sève d’une ère populaire.

Terre mère et trame de guerre
Comme un bon pain fait par Mater
Nous sommes mi son mi sel
Et dans notre métissage vit le partage.

Réel créatif au delà de tous tes récifs…

Rappelles toi… Ou on te le rappellera…

« Planète bleue
Apprendre à marcher… »